15 septembre 1838

« 15 septembre 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16335, f. 227-228], transcr. Élodie Congar, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3087, page consultée le 05 mai 2026.

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Oui, vous êtes mon bon ange bien-aimé. Vous avez beau cacher vos ailes, votre nimbe rayonne toujours. Vous êtes la bonté, la douceur et la patience même. Vous êtes mon amour. Si je n’étais pas votre maîtresse, je voudrais être votre servante, car après le bonheur de vous adorer, je voudrais avoir celui de vous servir à genoux. Vous êtes mon grand petit homme, vous êtes mon tout. Mon pauvre bien-aimé, vous avez bien des bobos mais cela ne vous empêche pas d’être le plus beau des hommes. Rien ne vous défigure. Vous, on vous donnerait 17 coups de poinga dans le nez que vous n’en seriez que plus i. Parions. Vous renâclez parce que vous savez bien que vous perdriez si vous teniez l’enjeu. Quand donc nous ferez-vous sortir ? Je vous déclare que je commence à rancir dans mon coin et à me manger aux vers de la Revue départementale. Il n’est que temps, dépêchez-vous si vous voulez en retrouver encore un petit tronçon de votre vieille Juju.


Notes manuscriptologiques

a « poings ».


« 15 septembre 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16335, f. 229-230], transcr. Élodie Congar, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.3087, page consultée le 05 mai 2026.

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Ah ! ça, mon atroce petit homme, est-ce que vous allez joindre à toutes vos cruautés celle de ne pas venir ? Ce serait gentil et me referait bien l’humeur. Je crois que si vous étiez capable d’une pareille méchanceté, je ne vous le pardonnerais de ma vie. C’est déjà bien généreux à moi de vous pardonner toutes ces agaceries que vous faites à cette stupide grisette. Au reste c’est la dernière fois car vous me faites trop de mal à ce jeu-là et je ne veux plus le souffrir. Maintenant, apportez vos gales que je les attrapea et soyons bons amis. J’AIME TOTO !!!!b J’ai vu MlleHureau qui venait savoir des nouvelles de Claire et lui apporter quelques nippes. Au reste Claire venait de lui écrire et puis pendant qu’elle était là, les ouvriers de Jourdain sont venus apporter l’élastique en me priant d’excuser leur maître qui n’avait pas pu venir comme il l’avait promis aujourd’hui. C’était pour la vérification mais je l’avais entièrement oubliée. Il viendra lundi. Et puis votre tisanec est faite. Et si vous étiez là, tous les malheurs seraient réparés, je vous demanderais pardon de tous vostrines et je l’obtiendrais.

Juliette


Notes manuscriptologiques

a « attrappe ».

b Les quatre points d’exclamation courent jusqu’au bout de la ligne.

c « tisanne ».

Cette année-là…
?

Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.

elle est engagée au Théâtre de la Renaissance, où le rôle de la Reine dans Ruy Blas, écrit pour elle, lui échappe.

  • Janvier-févrierReprise d’Hernani à la Comédie-Française (les 20, 23, 25, 27, 29 et 31 janvier et les 6, 9, 12, 18, 21, 23 février).
  • MarsReprise de Marion de Lorme à la Comédie-Française (les 8, 10, 12, 15, 17, 20).
  • 25 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française, toujours avec Mlle Noblet, mais avec Mlle Rabut dans le rôle de Catarina. Dans cette distribution, la pièce est jouée les 7, 11, 14 et 19 août 1838, le 2 septembre 1838, les 7 et 15 février, le 6 mars et le 6 mai 1839, puis encore une fois le 2 décembre 1841.
  • MaiAnténor Joly, directeur du Théâtre de la Renaissance, engage Juliette Drouet.
  • 12 aoûtHugo lit Ruy Blas achevé à Juliette.
  • 18-28 aoûtVoyage avec Hugo en Champagne. Le 19 août, Adèle Hugo adresse une lettre à Anténor Joly pour le dissuader de confier le rôle de la Reine à Juliette Drouet.
  • 8 novembrePremière de Ruy Blas au Théâtre de la Renaissance. Louise Beaudoin joue le rôle de la Reine.